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Devi
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Kasey Maria
L’histoire de Devi
Devi est mère de trois garçons âgés de 5, 18 et 20 ans. Elle avait un quatrième fils, qui a été tué par des bandits en Guyane le jour de la Saint-Valentin, en 2004.

« Il venait juste de réussir un cours enrichi à l’école, dit-elle, et il était très intelligent. Il avait l’intention d’aller à l’université. »

Mais la violence s’était immiscée bien avant cet épisode dans la vie de Devi. Quand elle avait 11 ans, son père a été assassiné par des malfaiteurs. En raison de cette tragédie qui lui a ravi son père, Devi a grandi surprotégée par sa mère. « La vie n’était pas facile, mais nous arrivions à survivre », dit-elle.

Elle s’est mariée à l’âge de 23 ans et a élevé sa famille au sein d’une communauté où elle sentait que ses enfants étaient en sécurité grâce aux solides liens d’amitié qu’ils avaient noués avec les autres jeunes du quartier. « Mes enfants étaient considérés comme des modèles à suivre au sein de la communauté », raconte-t-elle.

L’assassinat de son fils, qui avait 18 ans à l’époque, a mis fin à ce sentiment de sécurité, et elle a fait une demande de statut de réfugiée pour venir au Canada. Son mari, de qui elle s’était entre-temps séparée, est resté en Guyane, et Devi a été hébergée avec ses trois fils chez des membres de sa famille, à Toronto.

« Nous arrivions à nous en sortir, mais avec mes trois enfants, dont le plus jeune était encore tout petit, nous représentions un fardeau. »

C’est à cette époque qu’elle a entendu parler d’un programme de formation à Toronto subventionné par la Fondation canadienne des femmes. Elle a alors suivi une bonne formation en administration de bureau et en informatique.

Présentement, Devi travaille 30 heures par semaine dans le cadre d’un programme de services à la collectivité. Elle espère conserver cet emploi parce qu’elle tient à « redonner ce qu’elle a reçu ». « Je ne sais pas comment ces femmes font, ajoute-t-elle, mais elles sont toujours là pour nous. Nous n’avons jamais l’impression d’être un fardeau. »

Grâce aux programmes et à l’appui des conseillères, Devi affirme être devenue une personne différente. « J’ai retrouvé mon estime de soi, je me suis fixé des objectifs et je sais dorénavant où je vais dans la vie », affirme-t-elle.

« J’ai perdu un fils en Guyane, mais en venant au Canada, j’ai réussi à sauver un autre de mes fils », dit-elle en expliquant que son fils de 18 ans est atteint du glaucome et suit présentement des traitements. « En Guyane, il n’aurait pas pu être soigné », ajoute-t-elle.

Il espère entrer à la York University grâce à une aide financière du RAFEO, et Devi, maintenant âgée de 46 ans, a déjà entrepris un programme de bourse d’études à l’intention de son fils de cinq ans. Son fils aîné a dû trouver un emploi, mais elle espère qu’il ira un jour lui aussi à l’université.

« Je sais que cela ne sera pas facile, mais je veux être indépendante, représenter un modèle pour mes enfants et les voir réussir dans la vie, affirme-t-elle. Je suis prête à tout faire pour que cela se produise. »

« Je donne tout ce que je peux », conclut-elle en riant.

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