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Alice faisait partie du premier groupe d’autochtones du Canada à obtenir un diplôme. Pour Alice, qui avait grandi au sein d’une famille où régnait la violence, ce n’était pas un hasard si elle avait choisi comme spécialité le travail social. Quand son mari l’a abandonnée, la laissant seule avec trois petites filles en bas âge, elle a essayé de concilier son statut de mère monoparentale avec un emploi à temps plein à titre de directrice des traitements dans un centre contre la violence.
En dépit de son horaire chargé, Alice rêvait de travailler dans le domaine des arts et de fonder sa propre entreprise. Elle a trouvé le soutien dont elle avait besoin pour atteindre ses objectifs en s’inscrivant à un programme axé sur les femmes en entreprise à Thunder Bay, subventionné par la Fondation canadienne des femmes. Le programme procure aux femmes les outils et le soutien nécessaires au lancement et à l’exploitation d’une petite entreprise. Il lui a procuré la confiance dont elle avait besoin pour prendre un temps d’arrêt dans sa carrière de travailleuse sociale afin de mettre sur pied le Beedaubin (qui signifie lever du soleil) Arts Collaborative for Aboriginal and Non-Aboriginal Youth and Elders (Collectif artistique pour jeunes et aînés autochtones et non autochtones). « Elles m’ont aidée à prendre des risques », dit-elle. À titre de directrice artistique de Beedaubin, Alice doit trouver des fonds et obtenir des subventions, et se sert des arts comme outil pour rassembler les gens. Quels sont ses objectifs pour l’avenir ? Maintenant âgée de 45 ans, Alice entrevoit un futur sans limites. Elle aimerait obtenir un doctorat en travail social, en arts ou en développement communautaire. « Je me sens à l’aube de mes possibilités », affirme-t-elle. |















